La tête à l´envers

Deux jeunes filles. Une Marocaine, une Berbère d'Algérie. La première est née dans une famille de travailleurs immigrés modestes. La seconde est fille de fonctionnaire. La première fait du trapèze et apprend la voltige aux enfants maghrébins. La seconde est étudiante. Toutes deux habitent Bruxelles et circulent entre les copains, leur travail, des amitiés et des interrogations. Au premier plan de leur vie, une question : comment se définir en tant que femme entre un islam traditionnel qui les enferme et le monde européen avec ses libertés ? Comment évoluer sans perdre les pouvoirs de Séhérazade ? Avec lucidité, en se référant l’une à sa mère qui a eu le courage de quitter un mari violent et a raconté sa vie dans un livre écrit par son professeur d'alphabétisation, l’autre à une grand-mère chaleureuse restée en Kabylie, elles dialoguent d'une séquence à l'autre. Violaine de Villers laisse à Saïda et Soraya leurs solutions, leur liberté. C'est la belle métaphore de l'envol du corps de la trapéziste, corps dégagé de la pesanteur des interdits, livré aux regards, qui ouvre et ferme l'espace du film. A l'intérieur de ce champs, deux sensibilités, deux personnalités qui, à la fois avec force et à tâtons, essaient de saisir le "volant" qui va leur permettre de ne pas chuter dans les contradictions de leur génération. Jacqueline Aubenas. Film 16 mm, 1993. Prod. Paradise Films, coprod. ARTE-RTBF, CBA, avec l’aide de la CEE.

Fiche

Visuel
Année
1993