D'un monde à un autre (Deux-Acren - Avignon)

Publié le  04.07.2010

TGV Bruxelles-Avignon, dimanche 4 juillet 2010. Quatre heures de trajet pour passer d'un monde à un autre.

À Deux-Acren, Hainaut occidental, Belgique, a lieu en ce moment le De Facto Festival, deuxième édition. Mes amis y présentent des spectacles, des étapes de travail, des lectures, des concerts, …

Depuis vendredi après-midi, on y a bravé l'orage, on y a bravé la trouille, on y a bravé la mollesse et l'aquoibonisme. Je les ai quittés cette nuit ; je répète Les Langues paternelles au Théâtre des Doms à 15h ce dimanche.

Vendredi soir, j'ai montré à Deux-Acren Les Conséquences, un spectacle pour dix acteurs, cinq pros et cinq amateurs, entremêlant On ne badine pas avec l'amour et l'inédit Et maintenant on fait quoi avec tout ce merdier (de mon ami Thomas Depryck). Une expérience ahurissante, qui m'a bouleversé. Construite et répétée deux soirs par semaine pendant trois mois, puis dix jours à temps plein sur place, la proposition a débouché sur une représentation unique, un soir dans une prairie. Le lendemain, hier soir, Denis Laujol et six très beaux acteurs ont créé Le Baladin du monde occidental dans cette même prairie et les mêmes conditions, eux aussi pour une représentation unique.

 

Quelques minutes dans nos vies, un soir dans une prairie.

 

Des mois de travail, la lutte avec le texte souvent, la lutte entre nous parfois, un engagement total et totalement gratuit, la création partagée, l'amitié, l'amour, rires, larmes. Tout cela pour quelques minutes dans nos vies, un soir dans une prairie.

 

Dans ce temps-là, dans ce monde-là, les nôtres, le travail passionné consacré à la construction d'instants éphémères - qui peut-être résonneront, irradieront les vies de ceux qui les ont vécus - m'enchante. Je suis heureux et ému d'œuvrer à cela, entouré d'êtres humains heureux et émus d'y œuvrer aussi.

 

Avignon à présent. À l'attaque !

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