Produire

Publié le  25.04.2014

Il est une polysémie troublante qui nous voit considérer et les moyens de parvenir à créer et l'acte de création comme une seule et même chose. Produire.
Enfant, bien sûr, quand on rêve d'être écrivain, chanteur ou cinéaste, les seules contingences que supposent ces voies professionnelles sont celles que dictent l'inspiration, reflet d'une existence au-dessus de la norme. C'est donc aussi l'expression d'une vie pure que l'on appelle de ses voeux. Une vie où tout ne serait que flot, affranchissement de l'apesanteur ... Prolongation du monde de l'enfance dans l'étendue et la durée de celui des adultes.
Plus tard, si l'engagement inconditionnel nous titille encore, on comprend vite qu'il faudra en trouver le cadre et les ressources ailleurs que dans l'acte créatif lui-même qui ne libère - dans le meilleur des cas - que l'énergie nécessaire à sa propre édification.
S'opère alors un renversement. Nous qui pensions, en créant, être libérés du poids du quotidien, nous voilà adoubés à la fois à l'économie d'une vie utilitaire et à sa transcendance : on commence à comprendre ce que produire signifie.
Mais trouver les moyens nécessaires à la réalisation de son projet est un travail d'une autre nature que celui de la création en elle-même. Travail pour lequel nos outils d'écrivains, nos armes de cinéastes sont moins affutés. Heureusement, il y a des structures, des personnes compétentes pour cela.
A travers elles, on comprend pourquoi il y a produire et produire.

À découvrir aussi

Retour sur chronique (via Berlin)

  • Fiction
  Ce soir, en sortant du KVS où j'ai vu « Ich schau dir in die Augen gesellschaftlicher Verblendungszusammenhang! » de René Pollesch, avec l'ahurissant Fabian Hinrichs, je me dis que j'ai un peu rapid...

Retour sur le FIPADOC 2019 à Biarritz

  • Fiction
Retour sur le FIPADOC 2019 à Biarritz par Jérôme Laffont, membre du comité belge de la Scam 22 -23 janvier 2019