Séquence en X

Publié le  21.10.2014

Tirant sur sa cigarette qui expulse de curieux X dans l'air désoxygéné, Sissi m'expose que l'extase ne s'explique pas, que l'extrême s'exempte d'une exigence d'exactitude. Dès le début, j'ai senti qu'elle ne se contenterait pas d'un exergue, mais prolongerait l'exercice bien au-delà, dans l'exotique. Expérimentant l'excès sous tous ses axes, elle s'excepte in extenso de tous les expédients et accède sans encombre aux paysages de l'exploit. Ce n'est ni de l'excentricité, ni la recherche d'une excursion exemplaire ; il n'y a pas à exhorter Sissi à la plus belle expression : loin de tout exhibitionnisme, une exacerbation de l'extraordinaire compose son existence. Dès qu'elle a surgi dans mon plan en XY, son extravagance m'a ravagée d'excitation. Ses gestes, ses pensées sont des hapax. Dès sa première apparition, je me suis saoulée de son sex-appeal. 

 

Qui exhume l'exquis ne mime que l'extrême-onction. Avec Sissi, l'exquis s'extrait des excavations les plus troublantes. Dans ses terres intérieures, elle a toujours connu un exil mâtiné d'exode, une diaspora quantique ; c'est pourquoi elle expulse les exorcistes prompts à faire expirer tous les oxymores. Elle aime extrapoler cette idée : que les exfoliants imposés à la pensée exacerbent l'extériorité de l'existant et oxydent l'exultation. Elle excommunie son anxiété à coups d'axiomes, à coups de Tranxène, de xérès, de champagne extra-dry ou autre mixture, inventant une boxe exotique pour endiguer les montées d'anorexie. Avec elle, j'ai compris que la proximité de nos textes n'avait pas besoin d'un sphinx tutélaire, que nos sexes s'exaltaient dans la même galaxie. La perplexité est le luxe de ceux qui ne tolèrent aucune approximation, fût-elle bissextile. L'expiation, les vexations rendent exsangue quiconque s'exténue à s'excepter des connexions vitales habituelles. Je n'ai jamais cherché de rixe avec ceux qui excipaient des héros du Styx. Je ne xylophone ni avec les fausses nixes ni avec les collectionneuses d'ex-libris, encore moins avec les dyslexiques des affects. L'intoxication maximale avec des hétérosexuelles tournant dans le X aux côtés d'Astérix proxénètes, ce n'est pas mon anxiolytique et les mœurs exogames, les grossesses extra-utérines des exocets ne m'excitent guère. Avec ou sans latex, l'amour est rarement saxicole mais toujours xénophile.

 

Aucune envie d'expulser l'index de Sissi de ma bouche. Plus son excitation grandit, plus son index exacerbe son fox-trot avec une rare dextérité. Experte, elle exhale ses élixirs qui ne sont jamais ex cathedra et qui exhaussent notre veine existentialiste. Depuis ce jour X où un axe d'excitabilité nous a reliées, nos explosions de liesse sont exponentielles. Elle aime me passer un collier et une laisse Max Mara et m'entendre aboyer comme un fox-terrier. Moi, j'aime exhiber mon coccyx. L'existence n'a rien à voir avec l'exégèse, le pseudo-laxisme et leur tendance à la cachexie. Ceux qui expectorent la vie exècrent l'excédent de leur existence sur leur essence et réexpédient dans le -X l'accent dont on les a gratifiés. Au lieu d'occire leur Tyrannosaurus Rex, ils exultent d'être les exarques de leur propre expropriation ; se sentant accessoires, auxiliaires du rien, voire explétifs, ils expirent sans rechercher l'exorbitant. Entre le « non » inextinguible et le « oui » in extremis, ils oscillent en exsudant leur débâcle.

 

L'index de Sissi accentue sa pression, inexorable. Depuis peu, nous réussissons à exporter des sixtes dans nos cris, diabolus in musica sexi. Pour me saxophoner d'une volupté excédentaire, je mets Mylène Farmer, L'Instant X en extended dance remix puis exhale « on veut de l'amour XXL ». La vingt-quatrième lettre de l'alphabet a tout d'un phénix. Qui chérit la luxuriance fait exploser fixations et prétextes. Le sentiment d'expectative n'est qu'une question de parallaxe. Sissi fait danser mes X sur l'abscisse qu'elle me trace, traquant l'inexpugnable, exigeant génuflexions. Excoriée par ses vortex où s'extrade la vox dei, j'exécute les exercices hyper-sexuels dont elle ne m'exonère jamais. Je baise sa cheville, ses maxillaires, l'abraxas qui orne son thorax extra-small. Nous nous exposons dans nos exceptions occipitales, au fil d'explorations hétérodoxes qui échappent à toute taxinomie. Nos joies sont hors-texte, hexagonales, sans qu'il y ait besoin de sextant pour mesurer leurs angles.

 

Ex abrupto, Sissi me rappelle nos étreintes, cet été, dans un xyste désaffecté. Elle aime l'amour exposant n, se sentir extradée dans mes zones, les pluies de désir extrême-oriental, le ptyx extra-substantiel qui échappe à tous les exotismes faciles. L'angoisse s'exporte en tout mon corps  quand elle m'expulse d'elle-même, quand Saint-Exupéry perd toute trace du Petit Prince. Mon sonnet en X prend alors la forme d'un temps qui n'explore plus que ses souvenirs, d'une vie qui s'excuse d'être elle-même, l'ex-nuit se voulant pré-jour, l'in vivo se prenant pour un ex-voto…

 

Sissi désaxe l'explicite, chuchote que l'Orient-Express circule là où déferle l'amour. Je la pyramide de Louxor dans l'extra-fièvre des sens, j'attends que ses rires d'onyx me mènent loin de l'Occident. Avec Xénakis sous baxter, j'enfouis ma langue dans son sexe. Son visage exprime l'extase, cap vers l'inoxydable. Exit le contre-vital, la parataxe des émotions, exit la séduction à l'ombre du Botox, Miss Ataraxie et sa libido ultra-violette… Certains jours, elle réexpérimente une de ses inventions d'enfance : au fìl d'une diction accélérée, elle glisse son ami partout où elle peut et me lance « je n'ai jamaix aimé les xieux qui rexemblaient à une flanelle oxford. Pour moi, le contexte suit la cadence du manuxcrit que nous rédigeonx. J'ai toujours xardiné la nuit à la recherche des plus beaux xylophages. L'ivrexe de la beauté a toujours été mon oxygène, ma pax amorosa. L'éléganxe passe à l'endroix où la lumière naît du noir. Le Chrixt cruxifié, c'est bon pour les cruciverbixtes. Chacun étant sa propre coxinelle, il n'y a pas besoin d'un sauveur. J'ai toujours mixé les idées avec leurs ombres en les tirant au-delà d'elles-mêmes. La luxure est une invenxion des dixiples du nazaxéen. Il n'y a rien au xiel qui ne soit sur terre. Très tôt, j'ai xélébré les romanxes de xertains pluriels qui affixent une croix que nul n'entend ».

 

Le borax amélioré d'ecstasy, les cocktails peroxydés, le pyrex des non-souffrances, le xénon des hautes altitudes de l'amour, la vraie tequila mexicaine, les élixirs paradisiaques, certaines blondes oxygénées la grisent au-delà de tout lexique. Notre grammaire de l'amour ne suit ni les légendes de Saxo Grammaticus, ni les fresques de la Chapelle Sixtine. La vaccination, la prophylaxie, c'est bon pour les axolotls. La vie et son ombre avancent ex æquo, sans qu'on doive recourir à des préfixes. Est dit exigu tout nom en lequel Sissi ne peut danser. De ses ongles, elle excorie mon dos, m'emportant dans son axiomatique. Tout en moi s'expose à sa syntaxe exubérante. Nos X s'excèdent en se nouant en une seule oxalide.

À découvrir aussi

De la nécessité de l’échange et de la mise en réflexion de l’écriture

  • Fiction
" (…) Le monde est donc plus fort que moi. A son pouvoir je n'ai rien à opposer que moi-même - mais d'un autre côté c'est considérable. (…) et mon pouvoir est redoutable tant que je puis opposer la fo...

Naissance d'une légende

  • Fiction
Les Etats-Unis n'arrêtent pas de présenter des destins spectaculaires. Mark Zuckerberg, fondateur d'un certain Facebook, en est sans doute l'incarnation récente la plus célèbre. A 23 ans, il est deven...

En direct de Cannes: l'écho du Comité

  • Fiction
Véronique Jadin est scénariste et réalisatrice de fictions et de documentaires. Elle est aussi metteuse en scène et a été élue au comité belge de la sacd en juin 2015. En tant que membre du ...

Le sexe des anges

  • Fiction
Certains mots, dans la bouche d'une femme, résonnent autrement. C'est regrettable, mais c'est comme ça, ma chérie - m'avait dit ma mère. Et c'est ainsi que, pour trois malheureuses scènes de sexe, mon...