Where I am - Focus Hong Kong

Publié le  03.07.2015

Dans le cadre du Focus consacré à la scène belge au Hong Kong Arts Centre (en collaboration avec Wallonie-Bruxelles Théâtre/Danse), Sylvia Botella nous envoie des billets-haïkus en direct (ou presque) de là-bas! Du 20 au 28 juin, Hong Kong accueille: Julien Maire(Video Installation), Thierry De MeyLouise Vanneste (Contemporary Dance Video, Experimental Cinema), Thierry SmitsSimon Siegmann (Choreography & Scenography Masterclass), Wooshing Machine (Contemporary Dance showcase: double bill with local choreographer series from Masterclass).

#Bruxellesjetlag4jours

 

L’étrange beauté de la ville, excentrique et raffinée se dévoile au gré du débordement urbain, au goût HKAC, Focus Belgique francophone, Master Class Thierry Smits/Simon Siegmann (plane aussi l’ombre délicate de Pierre Droulers empêché), World première Happy Hour/Wooshing Machine, installation rétro/futuriste/Julien Maire Men at Work  et visions animées/Louise Vanneste (et Stéphane Broc), Going West/Thierry De Mey, Prélude à la merLa Valse et Ma mère l’Oye. Ici, le gigantisme HK figé dans les photos/compact canon révèle la petitesse de la condition humaine et distille la sensation d’entrer dans d’autres cadres aux dimensions inversées, entre lieux diffus de rêverie et géométrie la plus froide. Regarder au travers à des rythmes différents, sept jours et six nuits, no jetlag, insomnie, #MPfbmybestfriend & you have a message, Maud Joiret/BELA.

Chaque discussion contribue à suspendre momentanément les certitudes. J’assiste à certains rendez-vous professionnels, j’écoute souvent en anglais dans le texte Stéphanie Pécourt, Connie Lam, Ian Leung, So Kwok-wan, Tang Shu-Wing, Christophe Galent, Philippe Nayer…je les vois à l’œuvre et les enregistre, aussi. Puis l’aura de mystère s’efface, la puissance de l’intuition et le professionnalisme semblent inépuisables, évidemment ils rassemblent au fil du jour.

C’est aux artistes que revient pour une grande part la réussite du focus, sachant concilier arts et pédagogie, jouant admirablement d’effets de groupe et d’ensemble, fondant leur vitalité sur la présence immédiate de chacun. À Hong Kong, l’histoire profonde est le vif du présent. Art du casting/HKAC*WBT/D, de la direction des artistes, du jeu et de l’installation étroitement liés. The Line_up HK/BE, anyway. Les chorégraphes Blue Ka Wing, Mao Wei, Greenmay (avec Pal Yip) glissent, se laissent aller ici ou là, une main, un visage donné, tel geste et pas l’autre. Mauro Paccagnella et Alessandro Bernardeschi (et Simon Stenmans) savent-ils qu’ils sont des héros avec qualités sur le plateau du HKAC ? Le corps est le lieu de tous les accidents, de toutes les variations qui deviennent des promesses. À quel instant « t » s’opère l’harmonie ? Difficile de le dire exactement.

Les souvenirs se partagent comme en réseau : zoom avant ou zoom en arrière, une image, vol de nuit comme un flottement existentiel, sentir comment se bâtissent les plateformes internationales faites arts et par quelle musique. Quelle profondeur faut-il leur assigner ? Voir, revoir, entrevoir mais sans livrer une leçon de chose ou l’énoncé d’une vérité mais jouer sur les infinis effets de réflexion. Vouloir échapper à l’esprit de système façon The WING/Leslie Van Eyck, des moments à contretemps qui prennent d’autres sens. Le récit est dans le récit. Demeure le dernier plan/puzzle, celle qui veut sortir du champ et ceux qui veulent y être toujours, œil dans œil. Un autre appel, un recadrage nouveau. HK est un jardin. À la vôtre, beaucoup, certainement, Siouxsie and The Banshees !

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