Muses de Bela - Grégoire Polet

Publié le  05.03.2015

Au départ, il y a l’envie de provoquer la rencontre. De voir comment les pratiques se répondent, ricochent, ou pas, font des grands écarts. Pendant la Foire du Livre 2015, nous invitions des auteurs dans un salon aménagé sur notre stand. On leur a dit : soyez la muse l’un(e) de l’autre. On leur a dit aussi : on aimerait que vous parliez de votre métier d’auteur. On a ajouté : si vous nous envoyez un portrait après, ça nous intéresse – mais si vous préférez partir sur la fiction, l’illustration, la poésie,… allez-y. On leur a dit enfin : vous avez 48h pour nous envoyer votre création après la rencontre. Et les voilà:

Samedi 28 février à 16h, Maxime Coton rencontrait Grégoire Polet. Après l’échange avec Maxime Coton, sur le stand 114 de la Foire du livre de Bruxelles, Grégoire a écrit, pour BELA, ce texte, qui est une chanson :

 

Le crayon de Maxime Coton

 

Maxime Coton

écrivain,

 

croyez-le ou non,

 

a peint en noir,

croyez-le ou non,

 

le mur

de son bureau.

 

Pour y écrire

à la craie.

 

Maxime Coton,

croyez-le ou non,

 

a conjuré

l’angoisse,

croyez-le ou non,

de la page blanche.

 

L’écriture apparaît

par disparition du sombre,

effacement de l’obscur.

 

Et rien n’est plus joli,

croyez-le ou non,

que le noir

mur

 

de Maxime Coton.

 

Maxime Coton écrit,

croyez-le ou non,

debout

et blanc sur noir,

 

avec un crayeux

rayon de clarté.

 

Croyez-le ou non,

avec une craie.

 

Avec un crayon

de lucidité.

 

Maxime Coton

 

a peint en noir

le mur

trop blanc ;

 

et teint de blanc

les choses

obscures.

 

(Reprise du refrain.)

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