Vieux genre

Publié le  10.07.2010

Dans « Gardenia », Alain Platel et Franck Van Laecke posent sur le plateau sept sexagénaires, anciens travestis ou transsexuels, le jeune danseur Timur Magomedgadzjeyev et l'initiatrice du projet, Vanessa Van Durme, elle-même transsexuelle.

Pourquoi Gardenia m'a-t-il laissé (relativement) indifférent ?

 

  • Parce que ses deux concepteurs semblent penser qu'il suffit d'exposer sept corps abimés au genre ambigu pour bouleverser le public

  • Parce que le public semble jouer le jeu et s'applaudit longuement lui-même d' « oser aimer » ces papis-travelos déprimés

  • Parce que j'avais envie de voir de la danse et que je n'en ai pas vu

  • Parce que j'étais placé trop loin de la scène pour voir les visages des acteurs et, conséquemment, me faire une opinion sur le caractère feint ou non de leur émotion

  • Parce que le jeune éphèbe russe placé en co-présence des sept cabaretiers m'a paru sous-exploité, posé sur le plateau pour répondre à des velléités conceptuelles molles

  • Parce que j'ai ressenti la désagréable impression d'être emmené au zoo, forcé d'observer un phénomène animalier saugrenu, phénomène qui n'a rien demandé à personne, avachi dans sa cage et lassé des pitreries qu'on le force à faire

  • Parce que le jeu mis en place, le détournement de clichés, la rythmique à contretemps, les blagues homophobes, me paraissent manquer leur cible et renforcer le voyeurisme naturel des spectateurs face à ce type de sujet

  • Parce que les beaux moments sont trop rares, trop petits, trop isolés

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